Déclaration de l’AÉUM pour condamner le racisme et la violence policière contre la communauté noire

Déclaration de l’AÉUM pour condamner le racisme et la violence policière contre la communauté noire

Mise en garde concernant le contenu : Ce document contient des renseignements sur le racisme anti-Noir, les meurtres et les violences policières. Nous vous invitons à privilégier votre bien-être mental et émotionnel lorsque vous choisiriez comment aborder cette déclaration.


Chers/chères membres de l’AÉUM,

Il est impossible de décrire en termes simples la douleur et la profondeur des émotions suscitées par le meurtre d’un individu noir, commis par un policier. Notre réflexion se tourne vers notre communauté étudiante noire, ainsi que vers les familles d’Ahmaud Arbery, Breonna Taylor, George Floyd, Tony McDade, Régis Korchinski-Paquet à côté des innombrables autres victimes de la communauté noire brutalement abattues par la police. Nous ne pouvons oublier, en invoquant ces noms, la mémoire d’Anthony Griffin, de Bony Jean-Pierre, de Pierre Coriolan et de Nicholas Gibbs, tous des hommes noirs sauvagement tués par la police de Montréal.

Nous saluons le travail du Réseau des étudiant·e·s noir·e·s (Black Students’ Network). Nous sommes donc reconnaissants de leurs efforts incessants et de longue date, afin de transformer notre campus en un espace plus sécuritaire et plus accessible pour les communauté étudiante noire. À cet égard, nous nous appuyons pleinement sur votre leadership et nous consacrons nos ressources pour lutter contre le racisme anti-Noir. C’est pourquoi nous avons reproduit, avec leur permission, leur déclaration sur le racisme anti-Noir et la violence policière :

« Ces dernières semaines ont été extrêmement difficiles pour la communauté noire de McGill, alors que beaucoup d’entre nous luttent contre la colère et l’indignation accablantes qui ont suivi les meurtres anti-Noirs, commis par la police au Canada et aux États-Unis. Tout comme les autres, nous étions également pris dans la vague d’attention des médias, ciblée sur la violence contre les communautés noires. Bien que ce type d’attention arrive beaucoup trop tard et qu’elle puisse entraîner des changements transformateurs, elle garde comme corollaire, de provoquer une grande détresse parmi nous. Notre cœur se déchire chaque jour de colère, de tristesse et d’exaspération.

À nos membres de communauté, nous vous demandons de prioriser vos propres besoins. Vous avez le droit d’être furieux/ses, d’être épuisé·e·s, de vous éloigner de l’actualité et des médias sociaux. Tout cela n’est pas de votre faute. Veuillez prioriser vos propres besoins, et entourez-vous de gens qui comprendront et valideront votre expérience vécue. Si vous avez des besoins auxquels nous pouvons répondre, n’hésitez pas à nous contacter sur Facebook ou sur bsn@ssmu.ca.

À toutes celles et tous ceux qui ne sont pas de race noire et qui ont agi en solidarité avec nous, nous saluons votre indignation et nous déclarons avec force que l’agression d’Amy Cooper et les meurtres, commis par la police, d’Ahmaud Arbery, Yassin Mohamed, Breonna Taylor, Tony McDade, George Floyd et Régis Korchinski-Paquet n’ont rien d’inhabituel. Avant ces meurtres comme dans leur foulée, un nombre incalculable d’autres membres de la communauté noire ont été arrêté·e·s, agressé·e·s et massacré·e·s par la police. Il s’agit d’évènements ordinaires qui se produisent en toute impunité et non par hasard, pour une raison simple : la violence contre les Noir·e·s constitue un mandat fonctionnel de la police au sein de notre société. L’appauvrissement, l’emprisonnement et le terrorisme contre les communautés noires, sont en toute évidence, fonctionnellement ancrés dans la structure sociale de la communauté blanche.

Ce qui est surprenant dans la situation actuelle, est qu’il y ait des personnes qui ne sont pas issues de la communauté noire en grand nombre qui font face à la violence anti-Noir, ce qui a permis de franchir un pas en avant pour affronter les défis de l’antiracisme. Nous ferons un pas de plus. L’antiracisme ne consiste pas simplement à condamner les actes extrêmes de la suprématie blanche. Il ne se contente pas de tout simplement dénoncer les inflexions racistes des actions et des comportements. L’antiracisme consiste à reconnaître que la suprématie des Blanc·he·s imprègne toutes nos structures sociales, que nos structures sociales transforment tous les problèmes sociaux en problèmes racialisables, et que chacune et chacun d’entre nous se doit de résister à la stabilité de cette société, par la même indignation viscérale que celle que le meurtre de George Floyd a suscité en nous — car chaque jour, d’innombrables George Floyds sont assassinés, appauvris et incarcérés. Finalement, ce qui est en cause dans l’antiracisme, ce sont les subversions de tout un ordre social.

En tant que citoyen·ne·s noir·e·s, nous sommes prêts à faire le nécessaire, et aux citoyen·ne·s d’origine non-noire, nous vous rappelons que toutes nos réussites sans vous seront bien moins importantes que celles que nous obtiendrons ensemble.

En toute solidarité,

Le Réseau des étudiant·e·s noir·e·s (Black Students’ Network) »

En tant qu’équipe dirigeante de l’AÉUM, nous sommes conscients que par bien des aspects, notre établissement constitue un milieu inhospitalier et inaccessible pour les étudiants de race noire. Aux yeux de celles et ceux d’entre nous qui sont complices dans le système anti-Noir et de suprématie de la race blanche, il nous incombe collectivement de réfléchir de manière proactive aux conséquences de nos actions, de nos paroles et de nos comportements, dans le but de démonter les barrières qui existent au sein de l’AÉUM. Alors que nous nous engageons dans cette démarche, nous encourageons les étudiantes et les étudiants non-noirs de notre communauté à en faire autant.

Enfin, nous tenons à sensibiliser le public à l’héritage profondément raciste de l’Université McGill, qui est reconnu par tous sauf par son équipe administrative. Dans sa déclaration récente sur le racisme et l’injustice, la principale Fortier déclare avoir imaginé une « vision plus aiguë de notre humanité collective ». En effet, toute université qui porte le nom d’un propriétaire d’esclaves et d’une élite coloniale, et qui néglige de qualifier la violence policière anti-Noir pour ce qu’elle est, défie cette vision de manière fondamentale. Alors que McGill entre dans son bicentenaire, le moment est venu de redoubler les efforts pour privilégier et amplifier la voix des Noir·e·s et des peuples marginalisés. Le but de la connaissance est l’action, et l’administration de McGill n’a pas réussi à agir avec la témérité et la conviction qui peuvent seules réellement combattre le racisme et l’injustice.

Cette année, l’AÉUM appuiera le Réseau des étudiant·e·s noir·e·s (Black Students’ Network) afin d’inciter l’université à autonomiser sa communauté noire, notamment en insistant sur la création d’un département universitaire d’études noires — et non pas simplement d’un programme — ainsi que sur la mobilisation en faveur de changements substantiels à la Politique de McGill au niveau du harcèlement et de discrimination dont la loi interdit la pratique.

Vous pouvez contribuer de plusieurs manières à encourager la lutte contre la violence policière anti-Noir. Les contributions financières aux organisations de justice raciale sont toujours indispensables, pour autant, il existe de nombreux autres moyens d’être solidaire des populations noires. Une liste non exhaustive d’organisations à soutenir, de pétitions à signer et de ressources éducatives à consulter figure dans le document fourni à la fin de cette déclaration. Nous remercions SR d’avoir pris le temps et l’effort nécessaires à la réalisation de ce document.

Vous trouverez ci-dessous une liste de ressources sur la manière d’aider à soutenir la mobilisation et l’activisme en cours à Montréal :

Voici quelques ressources sur la santé mentale pour vous aider dans cette période :

  • Keep.meSAFE, un service gratuit consacré à la santé mentale qui vous permet d’avoir accès à des conseillers accrédités 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7
  • Tel-Aide: 514-935-1101
  • Ligne de texte dédiée à la crise : Texte « CONNECT » au 686-868
  • Action Suicide Montréal : 1-866-277-3553
  • Centre pour la défense de l’égalité des sexes — Ligne de soutien par les pairs : 514-848-2424 x7880
  • Trans Lifeline: 877-330-6366
  • Interligne: 514-866-0103 (Appel gratuit/messagerie texte : 1-888-505-1010)
  • Projet 10: 514-989-4585

Signé,

Jemark Earle / Président | president@ssmu.ca
Brooklyn Frizzle / Vice-président·e (Affaires universitaires) | ua@ssmu.ca
Ayo Ogunremi / Vice-président (Affaires externes) | external@ssmu.ca
Gifford Marpole / Vice-président (Finances) | finance@ssmu.ca
Maheen Akter / Vice-présidente (Vie étudiante) | studentlife@ssmu.ca

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