Déclaration de l’AÉUM concernant les pensionnats autochtones 

Déclaration de l’AÉUM concernant les pensionnats autochtones 

Déclaration de l’AÉUM concernant les pensionnats autochtones 

Le 30 juin 2021

 

Avertissement sur le contenu :

Pensionnats, racisme anti-autochtones, violence sexuelle, décès. 

Avis : Aux survivants des pensionnats ou à leurs descendants ayant besoin d’une aide immédiate, veuillez contacter la Ligne d’écoute nationale des pensionnats autochtones au 1-866-925-4419. Les membres de la communauté autochtone en situation de crise, peuvent également joindre la ligne de crise et de soutien Hope for Wellness, qui est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 par clavardage ou par téléphone au 1-855-242-3310. Nous invitons les membres de notre communauté autochtone à privilégier leur propre bien-être avant tout, et à s’entourer de gens qui reconnaissent et valident leur vécu. Une liste de ressources supplémentaires portant sur la santé mentale est fournie à la fin de ce texte.

 

Aux membres de la communauté de McGill,

L’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) tient à exprimer ses sincères condoléances, à faire preuve de solidarité et à offrir toutes ses ressources à la suite des récentes et tragiques découvertes de fosses communes sur les lieux d’anciens pensionnats autochtones. Les premières découvertes ont eu lieu le 27 mai, à l’ancien pensionnat de Kamloops, où une enquête menée à l’aide d’un géoradar (GPR) a révélé la présence d’un charnier d’environ 215 fosses d’enfants ayant fréquenté l’établissement. Cette découverte a été suivie par des recherches sur les terrains d’autres pensionnats autochtones dans les semaines qui ont suivi.  Le 24 juin, une autre enquête par GPR a révélé encore une fois, la présence d’un chiffre stupéfiant de 751 corps, à l’ancien pensionnat de Marieval, qui n’a fermé ses portes qu’en 1997. De telles découvertes atroces ne sont pas les premières, vu que des enquêtes ont mené à des révélations en 2012 à l’ancien pensionnat de Brandon et en 2018 à l’ancien pensionnat de Muskowekwan en Saskatchewan.

Depuis des décennies, les peuples autochtones témoignent de ce qui est arrivé à leurs enfants durant leur enfance dans les pensionnats. Ce n’est que maintenant, après la découverte des tombes non marquées, que le grand public canadien est prêt à écouter. On peut trouver des témoignages des survivants eux-mêmes dans le Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, publié en novembre 1996, et plus récemment en 2015, alors que la Commission de vérité et de réconciliation a publié ses conclusions dans son rapport, intitulé « Honorer la vérité, se réconcilier pour l’avenir : Résumé du rapport final de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada » (Honouring the Truth, Reconciling for the Future)

En effet, le système des pensionnats a existé au Canada pendant plus d’une centaine d’années, de la fin des années 1880 à la fin des années 1990, c’est-à-dire au cours de la vie de nombreux membres de la communauté mcgilloise. Ces pensionnats représentent un aspect de l’histoire récente du Canada. Des enfants autochtones ont été arrachés par force de leur familles et envoyés à ces pensionnats, et ce, jusqu’à la fin des années 1990 ! En tout, le Canada comptait 139 pensionnats sanctionnés par le gouvernement fédéral, et on estime que 150 000 enfants autochtones ont été forcés à y aller. Le principal objectif de ces écoles était de séparer les enfants autochtones de leurs familles et de leurs communautés, le but ultime étant d’éliminer la culture autochtone. Ces institutions étaient inhumaines, avec des conditions malsaines, des violences sexuelles et des abus fréquents. Bien que ces établissements n’existent plus, les enfants autochtones ont continué à être retirés de leur foyer lors du Sixties Scoop, du Millennium Scoop et à travers d’autres systèmes tels que les alertes de naissance (birth alerts). À l’échelle nationale, les enfants autochtones âgés de moins de 14 ans ne comptent que pour moins de huit pour cent des enfants au Canada, mais constituent plus de la moitié des enfants placés. Des générations d’autochtones du Canada ont été arrachées de leur foyer, provoquant des traumatismes intergénérationnels pour les survivants, leurs familles et leurs communautés, qui perdurent aujourd’hui.

Partout au Canada, des leaders et des défenseurs des peuples autochtones ont demandé aux provinces, aux villes et aux citoyens d’annuler les célébrations de la fête du Canada. Plutôt que de fêter le 1er juillet, un grand nombre d’entre eux ont demandé aux Canadiens non autochtones de passer la journée à réfléchir sur les atrocités commises par le Canada à l’encontre des peuples autochtones et de s’engager dans des actions de solidarité. Le comité exécutif de l’AÉUM appuie de tout cœur ce sentiment et nous encourageons les membres de la communauté de McGill à suivre cet exemple. Nous invitons nos membres de la communauté mcgilloise à écouter les expériences vécues par les peuples autochtones lorsqu’elles sont présentées, et à mettre en place des actions de solidarité en fonction de ce dont les peuples autochtones expriment le besoin. Servez-vous des mises en garde du contenu, amplifiez les voix des gens directement touchés et renseignez-vous sur leurs expériences vécues.

Si nous voulons dénoncer les atrocités commises aux enfants autochtones et aux nations autochtones entières et favoriser un environnement social sécuritaire, il est impératif que chacun d’entre nous reconnaisse l’étendue et les limites de sa propre position dans la société, et que nous soyons attentifs aux populations les plus affectées par l’injustice raciale. Il faut reconnaître nos privilèges sociaux là où ils se manifestent, et les mettre à profit pour démanteler les structures oppressives sur lesquelles ils reposent. Les signataires de cette lettre souhaitent réaffirmer leur engagement personnel et institutionnel, qui vise à faire progresser de manière concrète et systémique, l’équité sociale et raciale, dans tous les aspects organisationnels de la vie de leurs associations, ainsi qu’à l’Université McGill et dans le grand public.

Signé,

Comité exécutif de l’AÉUM

Commissaire aux affaires autochtones de  l’AÉUM

 

Vous trouverez ci-dessous une liste de ressources en santé mentale à McGill et à Montréal :

  • Ligne de nuit de McGill (Students’ Nightline) | 514-398-6246
  • Tel-Aide: 514-935-1101
  • Ligne de crise par texto : Textez  » CONNECT  » au 686-868.
  • Suicide Action Montréal : 1-866-277-3553
  • Ligne de soutien par les pairs du Centre pour la défense des droits des femmes : 514-848-2424 x 7880
  • Ligne de vie Trans : 877-330-6366
  • Interligne : 514-866-0103 (sans frais/messagerie texte : 1-888-505-1010)
  • Project 10 : 514-989-4585

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